Ce qu’il y a dans une station électrique portable.
Une station électrique portable rassemble dans un boîtier de quoi stocker de l’électricité et la rendre sous plusieurs formes. La notice d’une station d’environ 1 000 Wh en montre les quatre briques1 :
- une batterie, ici de 1 024 Wh en chimie LFP (lithium fer phosphate), entourée de protections électroniques contre la surcharge, la surchauffe, le court-circuit ou la basse température ;
- des entrées de recharge pour le secteur, la prise 12 V d’une voiture et un panneau solaire, avec le chargeur et le régulateur solaire intégrés ;
- un onduleur, qui transforme le courant continu de la batterie en 230 V alternatif pour les prises secteur, 1 800 W au total sur ce modèle ;
- des sorties directes en courant continu : USB-A, USB-C, prise 12 V de type allume-cigare (126 W au plus sur ce modèle) et petites prises rondes.
Les deux essais indépendants consultés ont porté sur des stations de 400 à 1 440 Wh : onze testées en 2023 par Stiftung Warentest, l’organisme d’essais allemand2, et huit en 2025 par l’ADAC, l’automobile-club allemand3. Ces huit dernières utilisaient toutes la chimie LFP.
Station électrique, power station, centrale électrique portable, station d’énergie : ces noms désignent le même objet. Vendue avec un ou plusieurs panneaux, elle prend souvent le nom de « générateur solaire », relève Stiftung Warentest2. Le panneau produit, la station stocke, et chacun se juge à part.
Ce qu’elle fait bien : faire fonctionner quelques appareils, en 230 V, en USB et en 12 V, là où il n’y a pas de prise. Le TCS, le Touring Club Suisse, cite le camping, les jardins familiaux, les coupures de courant, le travail des artisans, des photographes et des cinéastes4. Ce qu’elle fait mal : faire durer un appareil qui chauffe, comme une bouilloire ou un radiateur, et remplacer l’installation électrique d’un logement.
Batterie nomade : powerbank ou station ?
Le mot ne désigne pas toujours le même objet. Chez un fabricant qui vend pourtant des stations, la rubrique « batteries nomades » ne propose que des chargeurs et des powerbanks USB de 10 000 à 26 000 mAh, sans aucune prise 230 V5. Un comparateur d’énergie l’emploie au contraire pour une station à prise 230 V, et un site pour camping-car réunit « batterie nomade et station d’énergie » dans une même catégorie6. Avant de comparer deux offres, vérifiez de quoi l’on parle.
Deux indices tranchent. Le premier est la prise : Stiftung Warentest distingue les stations des powerbanks, plus petites, par la présence d’au moins une prise 230 V2. Le second est l’énergie en wattheures (Wh), que l’IATA, l’association internationale du transport aérien, demande d’inscrire sur toute batterie lithium-ion7. Une powerbank en compte quelques dizaines, une station plusieurs centaines ou davantage.
Une powerbank affiche pourtant souvent sa capacité en milliampères-heures (mAh). Pour passer aux wattheures, multipliez les ampères-heures par la tension nominale des cellules (Wh = Ah × V, selon l’IATA). Un fabricant indique 3,6 V pour une powerbank de 25 000 mAh étiquetée 90 Wh5. Avec cette tension, une powerbank de 20 000 mAh, soit 20 Ah, contient 20 × 3,6 = 72 Wh, et une station de 1 000 Wh autant d’énergie nominale qu’environ quatorze powerbanks de ce genre. Dans les deux cas, le chiffre utile est inférieur au chiffre nominal.
Commencez par une feuille : vos appareils, leur puissance, leur durée.
Avant de regarder une seule fiche, prenez une feuille et faites une ligne par appareil que vous voulez alimenter. Notez pour chacun :
- Sa prise : 230 V, USB ou 12 V.
- Sa puissance, en watts (W). Elle figure sur la plaque signalétique, le chargeur ou la notice, et dit ce que l’appareil tire à un instant donné. Si la plaque n’indique que des ampères, multipliez-les par la tension pour un ordre de grandeur.
- Sa durée d’usage, en heures par jour ou pour la sortie prévue, celle de vos vraies journées. La puissance multipliée par la durée donne l’énergie, en wattheures (Wh).
- Ce qui fonctionne en même temps. Additionnez les puissances des appareils branchés ensemble : ce total doit rester sous la puissance continue de la station.
- Sa famille. Un moteur ou un compresseur (réfrigérateur, glacière à compression, pompe, outil) demande davantage au démarrage. Une résistance (bouilloire, radiateur, sèche-cheveux, plaque de cuisson) demande beaucoup, tout le temps qu’elle chauffe.
Voici une feuille d’exemple. Les puissances sont supposées pour montrer le calcul ; relevez celles de vos appareils.
| Appareil | Prise | Puissance supposée | Durée | Énergie calculée | Fonctionne avec |
|---|---|---|---|---|---|
| Éclairage | USB | 5 W | 5 h | 25 Wh | l’ordinateur |
| Ordinateur portable | USB-C ou 230 V | 60 W | 3 h | 180 Wh | l’éclairage |
| Bouilloire | 230 V | 2 000 W | 6 min | 200 Wh | rien d’autre |
| Total | 2 000 W au plus à la fois | 405 Wh |
Deux chiffres sortent de la feuille, et ils ne se lisent pas au même endroit de la fiche technique. La plus forte puissance appelée en même temps, ici les 2 000 W de la bouilloire seule, se compare à la puissance continue de la station. L’énergie de la journée, ici 405 Wh, se compare à l’énergie que la station délivre vraiment, inférieure à sa capacité affichée. Sans la bouilloire, la liste ne demande plus que 65 W à la fois et 205 Wh : cet appareil fixe à lui seul la puissance à chercher et pèse la moitié de l’énergie.
À vous de faire le calcul.
Une charge à puissance constante. Aucun rendement ni perte de conversion n’est inclus.
Énergie (Wh) = puissance (W) × durée (h). Multipliez la puissance en watts par le nombre d’heures.
Pour un réfrigérateur ou un congélateur, la puissance de la plaque ne sert pas à calculer l’énergie : le compresseur tourne par cycles. Partez de la consommation annuelle de l’étiquette énergie, en kilowattheures par an (1 kWh = 1 000 Wh) : multipliez par 1 000 et divisez par 365 pour obtenir des Wh par jour. Cette valeur vient d’essais en laboratoire à 16 °C et à 32 °C ambiants, dont l’étiquette retient la moyenne, selon le règlement européen qui fixe cette étiquette9.
Pour situer les ordres de grandeur, l’ADEME suit la consommation réelle des appareils d’une centaine de logements10. Sur l’exercice 2023-2024, d’après nos calculs sur ses données, un réfrigérateur seul y consommait 134 kWh par an en médiane, soit environ 367 Wh par jour ; un réfrigérateur-congélateur, 277 kWh par an, soit environ 759 Wh par jour. L’écart entre appareils est large : dans ce panel, un réfrigérateur seul sur quatre dépassait 218 kWh par an.
Une glacière à compression prévue pour la voiture échappe à l’étiquette : le même règlement exclut les appareils de réfrigération mobiles, sauf ceux mis sur le marché avec un convertisseur secteur. Sa consommation se lit dans sa notice, avec ses conditions de mesure. Un fabricant l’exprime en ampères-heures moyens sur 12 V11 : multipliez par 12 pour obtenir des Wh sur la même durée.
Trois chiffres à lire : wattheures, watts et pointe.
La capacité nominale est la taille du réservoir. Prévoyez de la marge : dans les essais consultés, aucune station n’a délivré toute sa capacité annoncée. La capacité a aussi un poids : de 10,8 à 16,7 kg pour les huit stations de 768 à 1 440 Wh testées par l’ADAC3, environ 4 à 8 kg pour les onze de 400 à 644 Wh testées par Stiftung Warentest2. Certaines acceptent une batterie d’extension vendue à part ; une notice annonce ainsi doubler la capacité jusqu’à 2 112 Wh12.
La puissance continue est le débit du robinet : ce que l’onduleur fournit durablement à l’ensemble des appareils branchés en 230 V. L’ADAC l’a vérifiée sur ses huit stations : toutes ont tenu la valeur annoncée et coupé leur sortie en cas de surcharge3. Au-delà, hors mode de puissance étendue, l’appareil ne tourne pas : la station se protège.
La pointe est le dépassement bref qu’une station accepte, le temps qu’un appareil démarre. Une notice écrit « 1 800 W au total (surtension : 2 700 W) »1 : le mot « surtension », qui désigne d’ordinaire un excès de tension, y traduit l’anglais surge et nomme cette pointe. Aucune des trois notices consultées n’indique combien de temps la pointe peut durer.
Or un moteur ou un compresseur appelle davantage au démarrage : une notice parle de 2 à 4 fois la puissance nominale pour certains appareils, sans citer de source8, et Stiftung Warentest a contrôlé la pointe des stations de son essai avec un moteur électrique qui démarre2. Sans durée de pointe connue, ni la puissance continue ni la pointe annoncées ne garantissent qu’un réfrigérateur, une pompe ou un outil démarrera sur une station donnée. Seul un essai avec l’appareil, ou une compatibilité écrite dans une notice, le confirme.
Le mode de puissance étendue ne crée pas de puissance.
Deux des notices consultées décrivent un mode, baptisé d’un nom commercial différent chez chaque constructeur, qui accepte un appareil plus puissant que la station : jusqu’à 2 400 W pour 1 800 W de puissance continue sur l’une d’elles12. La station ne fournit pourtant que sa puissance nominale ; d’après la page d’un constructeur, elle y parvient en abaissant un peu la tension1. Les deux notices le disent plus adapté aux appareils qui chauffent et l’excluent pour les appareils sensibles à la tension ou les instruments de précision.
Reprenez la bouilloire de la feuille, 2 000 W, sur une station de 1 800 W en continu : le calcul donne une tension d’environ 218 V au lieu de 230 V et une chauffe environ 11 % plus longue, en supposant une résistance constante et sans compter les pertes de chaleur13. Ce calcul illustre le principe ; aucun constructeur consulté ne publie la baisse réelle de tension, et une notice conseille de faire ses propres essais. L’eau bout un peu plus tard, et la station n’a pas gagné un watt.
Combien de temps tient une station électrique ?
De la recharge aux appareils.
Sortie 230 V allumée : l’onduleur consomme aussi quand aucun appareil n’est branché.
Les conversions et l’électronique consomment une partie de l’énergie : la capacité annoncée n’arrive pas entière aux appareils.
Principe simplifié, lorsque les appareils sont alimentés par la batterie. Les entrées disponibles dépendent du modèle.
La capacité annoncée n’arrive pas entière à la prise. En 2025, l’ADAC a mesuré l’énergie réellement délivrée par ses huit stations : en moyenne 10 à 15 % de moins que l’annonce3. D’après nos calculs sur ses relevés, les rapports vont de 82 à 93 % sur les prises 230 V, 88 % en moyenne, et à peu près autant en courant continu13. L’ADAC attribue l’écart à la consommation de l’électronique, onduleur compris, et à la réserve que la station garde dans sa batterie pour la ménager. Les conditions de mesure, dont la puissance branchée et la température, ne sont pas publiées.
Une station consomme aussi pour elle-même, surtout quand son onduleur est allumé, même si rien n’est branché : jusqu’à 30 W sur certains modèles selon l’ADAC3, environ 15 W d’autoconsommation selon la notice d’une station de 1 152 Wh8. L’ADAC conseille donc d’éteindre la sortie 230 V quand elle ne sert pas ; l’écran, le Bluetooth et le wifi consomment eux aussi.
Cette même notice donne une formule qui tient compte de ces pertes, et que nous reprenons pour nos exemples8 : durée (h) = capacité (Wh) × part utilisable × rendement de l’onduleur ÷ (puissance de l’appareil + consommation propre de la station).
Ces valeurs sont celles d’un modèle ; votre station peut faire mieux ou moins bien. Appliquées à une station de 1 000 Wh, soit 765 Wh disponibles, elles donnent en 230 V :
| Appareil | Consommation retenue | Avec 15 W de consommation propre | Avec 30 W |
|---|---|---|---|
| Réfrigérateur seul, médiane ADEME | 367 Wh par jour, 15 W en moyenne | environ 25 h | environ 17 h |
| Réfrigérateur-congélateur, médiane ADEME | 759 Wh par jour, 32 W en moyenne | environ 16 h | environ 12 h |
| Glacière qui tirerait 50 W sans arrêt (hypothèse) | 50 W | environ 12 h | environ 10 h |
| Appareil à résistance de 1 000 W | 1 000 W | environ 45 min | environ 45 min |
Ce sont des calculs, pas des mesures. Ils supposent une station chargée à 100 %, une consommation moyenne stable et, pour le froid, un démarrage du compresseur accepté par la station. Retenez l’ordre de grandeur : sur une station d’environ 1 kWh, un appareil de froid domestique tient de l’ordre d’une journée, souvent moins ; un appareil à résistance de 1 000 W, moins d’une heure.
Les exemples ronds qui circulent, y compris dans les communiqués d’essais, divisent la capacité par la puissance : 1 000 Wh pour une glacière de 50 W, « environ 20 heures ». Ils laissent de côté les pertes que ces mêmes essais mesurent.
Pour un radiateur, une plaque ou un sèche-cheveux, la puissance décide d’abord : la station doit accepter l’appareil avant de le faire durer. La plus grande station de l’essai ADAC, avec 1 341 Wh mesurés en 230 V3, ferait fonctionner un radiateur de 1 500 W un peu moins d’une heure, si sa puissance continue le permet et si l’énergie mesurée vaut aussi à cette puissance. Stiftung Warentest le disait de son panel de 2023, des stations de 300 à 700 W en continu : elles ne sont pas faites pour la bouilloire ou le sèche-cheveux2.
Un réfrigérateur peut déclencher l’arrêt automatique de la sortie 230 V.
Deux des notices consultées décrivent un arrêt de la sortie 230 V à faible charge : sur l’une, après 12 heures sans charge1 ; sur l’autre, en mode ÉCO, sous un seuil réglable de 10 à 30 W, au bout d’une à quatre heures8. Entre deux cycles, le compresseur d’un réfrigérateur s’arrête et la consommation chute. La première notice prévient que ces variations peuvent déclencher l’arrêt automatique, et recommande de régler la sortie sur « toujours activée » pour un réfrigérateur qui conserve des médicaments ou des vaccins. Vérifiez ce réglage sur votre modèle avant de vous absenter. L’idée, lue sur un forum, qu’une station coupe « quand elle est pleine » n’apparaît dans aucune des notices consultées.
Le temps restant affiché à l’écran est lui aussi une estimation : une notice le donne pour valable avec les appareils dont la consommation est stable1. Avec un réfrigérateur, prenez-le comme une indication.
Le 12 V direct, sans onduleur.
Si la glacière de l’exemple accepte le 12 V, branchez-la sur la sortie 12 V et éteignez l’onduleur. Avec la même formule, sans consommation propre et en gardant le même rendement par prudence, elle tiendrait environ 15 heures au lieu de 1213, sans compter l’écran et les liaisons sans fil, qui consomment encore un peu.
De la feuille à une capacité de départ.
La formule se lit aussi à l’envers. Ajoutez à l’énergie de votre journée la consommation propre de la station pour chaque heure où l’onduleur restera allumé, puis divisez le total par 0,765, soit les 90 % et 85 % de la notice : vous obtenez une capacité nominale de départ. Reprenez la feuille d’exemple sans la bouilloire et ajoutez un réfrigérateur médian, qui oblige à garder l’onduleur allumé jour et nuit :
| Ligne | Calcul | Énergie par jour |
|---|---|---|
| Éclairage et ordinateur portable | 25 Wh + 180 Wh | 205 Wh |
| Réfrigérateur seul, médiane ADEME | 134 kWh par an ÷ 365 | 367 Wh |
| Onduleur allumé jour et nuit, valeur d’une notice | 15 W × 24 h | 360 Wh |
| Total | 932 Wh |
Divisé par 0,765, ce total demande environ 1 220 Wh de capacité nominale13 : d’après ce calcul, une station de 1 000 Wh ne tiendrait pas la journée. L’onduleur y pèse presque autant que le réfrigérateur. Sans le réfrigérateur, l’éclairage en USB et l’ordinateur en USB-C laissent l’onduleur éteint, et les 205 Wh demandent environ 270 Wh nominaux, avec le même rendement gardé par prudence. Prenez ces chiffres comme des repères pour lire les fiches ; la pointe au démarrage du compresseur reste à vérifier.
Recharger une station : secteur, véhicule ou soleil.
Sur le secteur, c’est en général la voie la plus rapide. Le TCS, qui publie le même essai que l’ADAC, a relevé une recharge de 51 à 90 minutes pour sept stations sur huit, sans préciser les niveaux de départ et d’arrivée ; la huitième, rechargée par un bloc d’alimentation externe, prenait nettement plus de temps4. Une des notices consultées propose aussi un mode de charge plus lent ou silencieux, et précise que la charge standard « est plus douce pour la batterie »8.
Sur la prise 12 V du véhicule, c’est bien plus lent. Une notice règle son entrée voiture à 8 A par défaut, soit 96 W sous 12 V1, et les huit stations de l’essai ADAC annonçaient de 100 à 120 W3. À 100 W, remplir 1 000 Wh demande au moins dix heures de branchement, sans compter les pertes de charge. La même notice demande de brancher le câble après avoir démarré le moteur, afin d’éviter tout problème de démarrage.
Au soleil, la recharge dépend du panneau, du lieu et de la saison. La puissance d’un panneau, en watts-crête (Wc), est déclarée par le fabricant pour des conditions de référence : 1 000 W de rayonnement par mètre carré et des cellules à 25 °C, d’après le manuel de PVGIS, l’outil solaire de la Commission européenne14. Elle ne dit pas l’énergie produite dans une journée, que PVGIS permet d’estimer. Pour un panneau de 100 Wc fixe, incliné à 35°, orienté plein sud, sans ombre, avec les 14 % de pertes par défaut de l’outil :
| Lieu | Production moyenne en juillet | En décembre | Pour remplir 1 000 Wh |
|---|---|---|---|
| Paris | 0,43 kWh par jour | 0,13 kWh par jour | 2,3 jours en juillet, 7,7 jours en décembre |
| Marseille | 0,57 kWh par jour | 0,29 kWh par jour | 1,8 jour en juillet, 3,4 jours en décembre |
Ces durées supposent toute la production stockée, une station vide au départ et aucun appareil branché pendant la charge ; les pertes propres au régulateur de la station n’y sont pas isolées13. Un panneau posé à plat, déplacé ou à l’ombre produira autrement : Stiftung Warentest rappelle qu’il faut un panneau assez grand, du temps, et le réorienter vers le soleil au fil de la journée2. Avec 400 Wc, la production quadruple, dans la limite de ce que l’entrée solaire de la station accepte.
Cette entrée solaire a ses limites, écrites dans la notice : une plage de tension (11 à 60 V sur l’une des notices consultées), un courant maximal (10 à 15 A selon les notices) et une puissance maximale (500 à 600 W). La tension à vide des panneaux branchés, notée Voc, ne doit pas dépasser le haut de la plage : une notice prévient que l’appareil serait endommagé8. Une autre précise que le câble solaire est vendu à part, comme le panneau1.
La température compte aussi. Les trois notices consultées n’acceptent la charge qu’à partir de 0 °C, alors que la décharge reste possible jusqu’à -10 ou -20 °C. Une station restée dans un véhicule froid peut donc alimenter vos appareils tout en refusant la charge du panneau ; une notice précise que c’est la température de la batterie elle-même qui compte1. Par forte chaleur, une autre notice limite la sortie à 1 500 W entre 30 et 40 °C, au lieu de 1 800 W8.
Quand une autre solution répond mieux.
Votre feuille peut conduire ailleurs qu’à une station.
| Votre besoin | Ce qui répond le mieux | Ce qui décide |
|---|---|---|
| Recharger un téléphone, une liseuse, une lampe frontale | Une powerbank | Quelques dizaines de Wh suffisent, et elle voyage en cabine sous conditions |
| Faire tourner quelques appareils 230 V loin d’une prise | Une station | L’énergie utile, la puissance continue et la recharge sur place |
| Équiper un fourgon ou un camping-car utilisé souvent | Une station, ou une batterie 12 V fixe avec convertisseur | La place à bord, et un câblage protégé selon les notices du matériel |
| Faire tourner des outils ou chauffer pendant des heures | Un groupe électrogène, dehors | La puissance et le carburant, jamais en espace clos |
| Traverser une coupure de quelques heures | Une station pour l’essentiel | Lumière, téléphone, box internet, réfrigérateur : pas toute la maison |
Un groupe électrogène tient aussi longtemps qu’il a du carburant, mais il le brûle. Santé publique France le rappelle avec la Direction générale de la santé et l’Anses, à propos du monoxyde de carbone15 :
Les groupes électrogènes, braseros et barbecues ne doivent en aucun cas être utilisés dans un espace clos (habitation, garage, cave, camping-car, etc.) ni même placés à proximité des portes, fenêtres ou bouches d’aération.
Une station ne brûle rien et ne dégage pas de gaz d’échappement.
Pour une maison entière, l’échelle change. Dans le panel de l’ADEME, un logement consommait en médiane 2 926 kWh par an en 2023-2024, d’après nos calculs10, soit environ 8 kWh par jour, chauffage électrique compris quand il existe. Une station de 1 000 Wh en couvre un huitième, avant pertes.
Parfois, la réponse est un changement d’usage. La version USB ou 12 V d’un appareil laisse l’onduleur éteint. Les appareils qui chauffent vident vite une station : les réserver aux moments où le secteur est là prolonge d’autant l’autonomie du reste.
Les limites à connaître avant de brancher.
Plusieurs notices annoncent un mode secours, appelé ASI (alimentation sans interruption) ou EPS : la station reste branchée au secteur, qui alimente alors les appareils, et la batterie prend le relais en cas de coupure, avec une bascule annoncée de 20 à 30 millisecondes selon les notices consultées. Ce mode annoncé n’est pas une ASI universelle. L’une des notices exclut les appareils qui exigent une bascule sans aucune interruption, comme un serveur de données ou un poste de travail1 ; une autre demande de tester la fonction avant de s’y fier, pour éviter une perte de données8. Pour un ordinateur, usage que cite le TCS4, la compatibilité se vérifie donc appareil par appareil.
Pour un appareil médical, une notice déconseille la station pour les équipements d’urgence liés à la sécurité des personnes, dont les appareils de ventilation à pression positive continue (PPC), et renvoie à l’avis du médecin et du fabricant de l’équipement. Elle demande aussi de tenir la station à distance des implants, comme un stimulateur cardiaque1.
À pleine puissance, toutes les stations de l’essai ADAC étaient bruyantes, et les décibels annoncés par les constructeurs ne valent que pour une faible charge. Pour la nuit, l’ADAC conseille un mode silencieux3.
En fin de vie, la batterie ne va pas à la poubelle ordinaire : une notice demande un bac de recyclage des batteries, ou une entreprise spécialisée si la batterie défaillante ne peut pas être déchargée1.
Ce qu’une fiche doit dire avant de comparer.
Une fois votre feuille remplie, les fiches techniques deviennent lisibles. Celle d’une station devrait permettre de vérifier les points suivants ; ce qui manque mérite une question au vendeur avant l’achat.
- Capacité et chimie : les Wh nominaux, l’énergie utile mesurée quand un essai l’a relevée, la chimie de la batterie (LFP ou NMC, par exemple) et un nombre de cycles avec son seuil de capacité restante et ses conditions.
- Puissance : la puissance continue, la pointe avec sa durée, le mode de puissance étendue avec ses exclusions, et la forme d’onde de l’onduleur (« sinusoïdale pure » sur une notice), que Stiftung Warentest a contrôlée dans son essai de 20232.
- Sorties : le nombre de prises 230 V, la puissance des ports USB-C (le TCS cite 140 W pour un ordinateur portable puissant4) et celle de la sortie 12 V.
- Recharge : la puissance et la durée sur le secteur, avec leurs conditions ; la recharge en voiture ; l’entrée solaire en tension, courant, puissance et connecteur ; la recharge par deux sources, autorisée ou non.
- Secours et veille : le temps de bascule annoncé ; l’arrêt automatique de la sortie 230 V, avec son délai, son seuil et la possibilité de le désactiver.
- Transport : le poids, les dimensions poignées comprises, et deux poignées larges et robustes, comme le conseillent l’ADAC et le TCS3.
- Usage : les températures de charge et de décharge, données séparément ; un mode silencieux ; la consommation de l’onduleur à vide quand elle est publiée.
- Documents et accessoires : une plaque signalétique complète, visible de l’extérieur, et un mode d’emploi complet fourni dans la boîte, sans téléchargement obligatoire, deux demandes du TCS4 ; une notice en français ; les câbles de recharge secteur et voiture fournis, et le câble solaire précisé.
- Extension et garantie : la batterie d’extension possible, la durée de garantie et ses conditions.
Nous ne citons aucun prix. Ceux relevés par les essais datent de 2023 et 2025, en Allemagne et en Suisse, et ne valent pas pour la France aujourd’hui. Ce qui fait varier le prix se trouve dans cette liste : capacité, puissance, vitesse de recharge, entrée solaire, accessoires et, parfois, panneau fourni. Pour comparer, mettez face à face des stations de capacité et de puissance proches, avec les mêmes accessoires : un ensemble vendu avec panneau ne se compare pas à une station seule.
Sources et hypothèses.
Les durées, les capacités de départ et les jours de recharge de ce guide sont des calculs : leurs hypothèses accompagnent chaque chiffre. Les notices citées servent d’exemples de définitions ; elles ne valent ni recommandation, ni description du modèle vendu aujourd’hui. Les réponses aux questions qui reviennent s’appuient sur les mêmes sources et, pour l’avion et la voiture électrique, sur les règles de l’OACI16 et les moyennes de Nos Gestes Climat17. Sources consultées le 16 octobre 2026.
Sources
-
Notice consultée : EcoFlow DELTA 2, manuel d’utilisation V1.0 (FR) (nouvel onglet), station de 1 024 Wh, et page « X-Boost » (nouvel onglet) du constructeur. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13
-
Stiftung Warentest, « Powerstations im Test: Steckdosen für unterwegs » (nouvel onglet), 20 juillet 2023, et page de méthode (nouvel onglet). ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8
-
ADAC, « Mobile Powerstations im ADAC Test: Nur die Hälfte schneidet gut ab » (nouvel onglet), 11 juin 2025, et pages de détail des huit modèles testés. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11
-
TCS, communiqué de presse du 11 juin 2025 (nouvel onglet) et page « Test de huit stations d’alimentation mobiles » (nouvel onglet) : même campagne d’essai que l’ADAC. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5
-
Anker, spécifications de l’Anker Power Bank 25K 165 W (nouvel onglet) et page du modèle A1695 (nouvel onglet) ; collection « batteries nomades » d’Anker France (nouvel onglet) (usage du terme). ↩ ↩2
-
HelloWatt, « Batterie nomade solaire » (nouvel onglet), mis à jour le 23 mars 2026, et Mon Camping Car, catégorie « Batterie nomade et station d’énergie » (nouvel onglet) (usage du terme). ↩
-
IATA, « Passengers Travelling with Lithium Batteries » (nouvel onglet), 31 mars 2026, et « Changes Regarding Power Banks, Guidance Document for Operators » (nouvel onglet), 31 mars 2026. ↩
-
Notice consultée : BLUETTI AC180, manuel d’utilisation (FR) (nouvel onglet), station de 1 152 Wh. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9
-
Règlement délégué (UE) 2019/2016 (nouvel onglet) de la Commission du 11 mars 2019, étiquetage énergétique des appareils de réfrigération. ↩
-
ADEME, jeu de données « Consommation électrique annuelle des appareils domestiques » (nouvel onglet) (panel ElecDom), mis à jour le 12 février 2025 ; médianes et quartiles calculés par Courant Libre sur l’exercice 2023-2024. ↩ ↩2
-
Dometic, page de la glacière CFX3 35 (nouvel onglet) (consommation exprimée en Ah sur 12 V). ↩
-
Notice consultée : Anker SOLIX C1000/C1000X, guide de l’utilisateur A1761 (FR) (nouvel onglet). ↩ ↩2
-
Calculs de cette page, par Courant Libre : durée = capacité × 0,9 × 0,85 ÷ (puissance de l’appareil + consommation propre de 15 ou 30 W) ; capacité de départ = énergie de la journée, consommation propre comprise, ÷ 0,765 ; Wh par jour = kWh par an × 1 000 ÷ 365 ; Wh = Ah × V ; tension en mode étendu = racine carrée de 1 800 W × 26,45 Ω, résistance d’une bouilloire de 2 000 W sous 230 V ; jours de recharge solaire = 1 000 Wh ÷ production journalière PVGIS ; kilomètres = 0,88 kWh ÷ consommation aux 100 km × 100. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5
-
Commission européenne (JRC), manuel de PVGIS 5 (nouvel onglet) et calcul PVGIS 5.3 (nouvel onglet) pour Paris et Marseille (100 Wc, 35°, plein sud, 14 % de pertes, données SARAH3). ↩
-
Santé publique France, DGS et Anses, « Intoxications au monoxyde de carbone. Adopter les bons gestes peut sauver des vies » (nouvel onglet), 26 novembre 2025. ↩
-
OACI, informations sur l’addendum n° 1 aux Instructions techniques 2025-2026 (nouvel onglet), applicable le 27 mars 2026, et annonce du 27 mars 2026 (nouvel onglet). ↩
-
Nos Gestes Climat, documentation « consommation estimée » des voitures électriques (nouvel onglet), moyennes par gabarit tirées de la base ADEME Car Labelling, valeurs annoncées par les constructeurs. ↩